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Depuis quelque temps, certains regroupements réclament que Québec abaisse le taux légal d’alcool au volant de 0,08 à 0,05. L’idée n’est pas nouvelle : plusieurs provinces et pays ont déjà adopté la barre de 0,05, arguant que même une consommation modérée augmente le risque d’accident. À première vue, qui pourrait s’opposer à une mesure visant à sauver des vies ?
On entend souvent l’argument suivant : «Si les conducteurs dépassent déjà 0,08, pourquoi respecteraient-ils 0,05 ?»
Le seuil actuel est clair et relativement facile à comprendre. Abaisser la limite risque de toucher surtout les gens qui consomment très peu d’alcool – ceux qui respectent déjà la loi dans la grande majorité des cas. Les conducteurs qui roulent à 0,12 ou 0,15 ne deviendront pas miraculeusement prudents parce qu’on affiche un nouveau chiffre sur le Code de la route..
Passer de 0,08 à 0,05 pourrait également modifier la relation que les gens entretiennent avec le fait de prendre un verre de vin au restaurant ou une bière après le travail… Est-ce souhaitable d’envoyer le message que toute consommation d’alcool avant de conduire est risquée ? Peut-être. Mais cela peut aussi avoir un effet pervers et pénaliser les bons conducteurs, ceux qui qui ne consomme pas beaucoup, au détriment des grands buveurs.
On peut bien légiférer, abaisser, resserrer, mais tant que certains conducteurs penseront être capables de conduire après avoir bu, le problème restera entier. Parce qu`au fond la question est simple, comment empêcher les automobilistes de dépasser le .08 avant même de penser à l'abaisser à .05.
Billos
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